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Bariba

dimanche 13 mars 2005, par Emile Proust

Les Bariba, au nombre de six cent mille personnes, constituent 10% de la population du Bénin.

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Les Baribas au NE du Bénin

Etablis au nord est de ce pays, ils se concentrent autour de la cité de Nikki. Le Baatonu (citoyen du pays Bariba) s’est habitué au fil des siècles à vivre pacifiquement avec ses voisins Dendi (plus à l’est, limitrophes du fleuve Niger) ou Somba (au nord-ouest). Les populations se croisent et vivent en bonne intelligence tout en conservant leurs rites spécifiques, cultes et divinités et encore dialectes, danses, etc.

Accueillant, le territoire Bariba porte la ville de Parakou à sa limite ouest. Parakou est une ville carrefour dont le nom a son origine dans le terme « Kparaku », une altération Bariba du mot composé « Kpara-Kulu » signifiant en langues Zerma et Dendi « la ville de tout le monde ». Une ville qui est un carrefour-passage pour les nigériens du nord, les Fon du sud et tous autres voyageurs allant du Nigeria au Togo, pays voisins.

Discrets, les Bariba autrefois organisés en une association de petits royaumes féodaux, ayant intensément participé aux recrutements forcés pour satisfaire la traite négrière à l’époque précoloniale, sont aujourd’hui réunis autour de leurs dialecte et pratiques religieuses. Tout en étant le peuple accueillant comme décrit ci-dessus, ils ont, dans la plus grande opacité pour le profane, perpétué le culte de leur dieu Gusunon (Gu=pluie et sunon=chef). Ce dieu n’est jamais appelé directement. Les Bariba l’invoquent à travers des divinités appelées les Bunu. Parallèlement, les morts sont aussi vénérés, les goribu, et quand ils sont de la famille, ancêtres, ce sont les sikadobu.

Les lieux de culte se situent près d’un arbre, dans un cours d’eau, dans un champ. Ils ont chacun un chef religieux (bungnero) qui préside aux sacrifices (gnakuru) et fait les bénédictions (domaru), à l’occasion de maladies, de famine, de manque d’eau, de l’intronisation d’un responsable d’une fonction dans le village, d’une fête... Les lieux de culte peuvent être liés à un événement de l’histoire du village ou d’une famille, à une légende, mais aussi à une personne "possédée" qui appartient à un des Bunu : ("Bion Kuro", "Kiriku", "Seema", "Kaau bii"), qui manifestent leur possession lors de danses comme le "bukakaaru" (la danse des gourdes).

Pour indiquer que les ancêtres ont achevé leur course et qu’ils ont la béatitude, le terme sikado qui désigne l’ancêtre est lui-même un mot composé avec l’adjectif « bon », DO. La ’douceur’ est l’élément presque permanent de la quête de l’homme chez les Baatombu (pl. de Baatonu), depuis les petits plaisirs de la vie, jusqu’à la vie intérieure. La douceur caractérise quelque chose qui correspond à l’attente de l’homme et qui comble cette attente.