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Bwa

samedi 19 mars 2005, par Emile Proust

Les Bwa, proches des Bobo du Burkina Faso, sont trois cents mille établis de part et d’autre de la frontière du Mali et du Burkina Faso. Ils se distinguent des Bobo en parlant un dialecte voltaïque et non mandé et font référence à des ancêtres différents. Divisés en trois castes endogames, agriculteurs, forgerons et griots, ils furent durant les deux siècles passés l’objet de convoitises et tentatives de déstabilisation de leurs structures et territoires.

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Les Bwa au Burkina Faso et au Mali

Entourés par les Bamana au nord, les Bobo à l’ouest, les Marka Dafing à l’est et les Gurunsi et les Lobi au sud, les Bwa sont cent vingt cinq mille au Mali et cent soixante quinze mille au Burkina Faso. Divisés en trois castes endogames, agriculteurs, forgerons et griots, ils étaient autrefois dépourvus d’organisation politique centralisée et l’administration était assurée à l’échelle de chaque village par les hommes les plus âgés des lignages.
A partir du XVIIIe siècle, les Bwa durent subir les tentatives agressives de conquêtes de l’empire Bamana, puis de celles de l’empire Peul d’obédience musulmane. Ces incursions entraînèrent la ruine des villages, le pillage des récoltes et l’esclavage. A la fin du XIXe siècle, la colonisation française mit fin à cette situation en s’appuyant sur les pouvoirs royaux en place dans les communautés. Puis elle élimina ces rois pour obliger les populations à payer l’impôt, à travailler dans les cotonniers et à oublier les champs communautaires. Une révolte des Bwa en 1915-1917 finit par mettre à bas ce qu’il restait de leur propre économie. Pour ce faire, la colonie française recruta en grand nombre des hommes des ethnies Peul et Mossi pour en faire des tirailleurs. La guerre classique contre les Bwa était conjuguée avec une sorte de guérilla rurale nécessaire pour faire taire les trublions. En 1915, n’était-il pas étonnant qu’en ce temps où l’information ne circulait pas ou si peu, que la colonne française à peine arrivée à Buna fut encerclée par 6000 insurgés ? Un mois plus tard, le décompte de ces insurgés était estimé à environ 130 000 hommes. L’explication de cette dynamique révèle toute l’importance que peuvent avoir la caste de forgerons et la caste des griots chez les Bwa. Les premiers quand ils tiennent discours sont écoutés par la population et les seconds transmettent avec célérité les informations de village en village.
La vie spirituelle des Bwa est fondée sur les cultes rendus à Do et aux ancêtres fondateurs des clans. Do intervient lors des rituels agraires et des funérailles. On trouve chez les Bwa l’idée d’un dieu Difini créateur du monde et des hommes qu’il abandonna ensuite mais en leur laissant son fils Do. Selon la légende Bwa, Difini avait été blessé par une femme écrasant le mil avec son pilon. Do représente la forêt et les forces nourricières, sources de la vie, des plantes et des champs. Il est symbolisé par un rhombe de fer appelé « alive » ou « linyisa ». En le faisant tourner au-dessus de la tête, l’homme produit un son vibré. Il est conservé dans un pot de terre à la limite de la brousse et des champs cultivés.
Les Bwa ont produit et produisent une grande diversité de masques où sont symbolisés des forces de la nature représentées par des images d’animaux. Un seul masque peut combiner jusqu’à cinq figurations entremêlées de motifs géométriques ayant tous une signification. Parmi les plus célèbres masques figurent le large « masque papillon » et le « Nwantantay » avec sa haute hampe colorée de pigments. La statuaire est peu fréquente et souvent semblable à celle des ethnies environnantes.