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Crucifix Ba-Kongo

I-311

mardi 17 août 2010, par Emile Proust

Nkangi Kiditu ou crucifix Ba-Kongo, République du Congo :
( Nkangi Kiditu or Bakongo crucifix, Congo )

"... Sous l’influence de l’évangélisation, les instruments (croix, crucifix, etc) introduits par les missionnaires furent plus ou moins imités par les artisans kongo. La plus connue de ces sculptures est le "Nkangi Kiditu", crucifix représentant le Christ paré d’une coiffure aristocratique, celle des notables. Il est recouvert d’un pagne court, celui des esclaves de Kongo. Il a les yeux effacés, parfois exorbitants, ou a des lèvres épaisses selon l’inspiration de l’artisan. La croix porte sur ses branches des "gisants", petits êtres symbolisant les Anges. Les crucifix sculptés ne servaient pas seulement à des fins religieuses, ils furent dotés, selon les besoins, de fonctions sociales différentes. Utilisés au cours de cérémonies en l’honneur des ancêtres, les Nkangi jouaient un rôle bénéfique, conciliant les esprits des ancêtres à ceux des vivants au profit de ces derniers. Quant aux croix et aux statuettes en bois, elles servaient à divers usages : les chasseurs les portaient comme amulettes ou comme objet de protection contre les forces invisibles de la nature, les Nganga (devins) les recommandaient pour lutter contre les Ndoki (sorciers), esprits maléfiques dont le pouvoir sur les hommes est redouté.
Si les thèmes et les sources d’inspiration (chrétienne, loango, téké, etc) furent variés, la technique utilisée fut assez rudimentaire. Moins préoccupé par la recherche de l’esthétique, l’artiste s’attachait principalement à la représentation symbolique de son œuvre. En effet, lorsque l’artiste façonnait la tête ou le visage, le reste du corps était à peine esquissé. Cette tendance à la simplification extrême, à la réduction de l’œuvre sculptée à sa fonction suggestive, figurative ou symbolique permettait l’adjonction d’éléments complémentaires divers (clous enfoncés dans la bouche, le dos ou le buste, chiffons, collages de coquillages, etc). Ce sont ces éléments secondaires qui conféraient à l’œuvre ses attributs spécifiques et déterminaient sa fonction future ... " In "Dictionnaire général du Congo-Brazzaville", Philippe Moukoko, éditions l’Harmattan, 1999, page 178.


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