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A

Masque Baga

G-997

mardi 8 avril 2008, par Emile Proust

Masque d’épaules D’mba ( ou Nimba ) Baga, Guinée :
( Baga D’mba ( or Nimba ) shoulders mask, Guinea )

Grand masque d’épaules en bois mi-dense provenant de chez les Baga installés dans la région de Boké à l’ouest de la Guinée. Appelé Demba ou D’mba, fréquemment (et improprement) nommé Nimba dans la capitale Conakry (puisqu’il s’agit de son appellation en langue Susu),
ce masque rappelle les caractéristiques d’une femme nourricière. Très impressionnant par sa taille, son poids et son style, cet imposant buste d’où émerge la tête, figure un esprit assurant croissance, fertilité et fécondité.

Les Baga sont originaires du centre de la Guinée, d’où ils ont été chassés au XVIIIe siècle par des Peuls islamisés. La société baga se caractérise par une forte gérontocratie. À côté des chefs de famille se tiennent les autorités du village, les maîtres de la religion et les gardiens de la tradition, exerçant au sein des associations ou fraternités d’âge.
La D’mba apparaît et danse aux moments cruciaux du cycle agraire, protège les femmes enceintes, lutte contre la stérilité, assiste aux mariages, guide les défunts vers le monde des ancêtres. Sous le buste, le porteur, enveloppé de raphia et de tissu noir regarde à travers les fibres qui lui masquent le visage. Considérée par les Baga comme un très beau spectacle, la danse est cadencée au rythme de gros tambours frappés par une quarantaine d’hommes.

Le masque se compose d’un buste marqué par une abondante poitrine, les seins tombants. Ce buste est pourvu d’un jambage de quatre éléments, lesquels, reliés deux à deux latéralement permettaient la bonne prise de l’objet pour le danseur. A l’intérieur du buste, un creux permet de glisser le haut de la tête. Le haut de cet intérieur est pourvu d’un paillon circulaire pour être plus confortable au danseur.
Au-dessus du buste, un long cou cylindrique porte la tête volumineuse de la D’mba. Tête fortement allongée vers l’avant, le profil bien busqué et perpendiculaire au cou, les yeux grands, larges et légèrement saillants, une petite bouche tubulaire. En surplomb de cette bouche, le nez émerge fortement et droit, rejoignant le front en une première crête, suivie d’une seconde crête sagittale se terminant sur la nuque. Les oreilles en forme de fer à cheval sont en saillies formant de face une croix avec la ligne verticale du cou. Une clochette de bronze est pendue sous la bouche et tintait durant les mouvements de la danse. Le paillon de fibres végétales habille le buste et masquait la tête du danseur.
Les demba dansent à pas lents avec des inclinaisons du corps (lourdeur du masque) ; au rythme des tambours.
À l’extérieur des femmes chantent en lançant du riz sur les masques lui demandant ainsi protection pour la communauté.
Voir la danse de la D’mba, en cliquant ici.


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