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Masque Salampasu

I-289

jeudi 18 août 2011, par Emile Proust

Masque de guerrier Salampasu, R. D. Congo :
( Salampasu warrior mask, D. R. Congo )

Le front bombé et projeté vers l’avant, surplombant la ligne des yeux posés en étroites virgules, le nez triangulaire et la bouche rectangulaire laissant apparaître les dents pointues, ce masque Salampasu est pourvu d’une tresse sous le menton et d’une coiffe portant des pompons de fibres végétales. La surface est couverte de feuilles de cuivre coincées dans des rainurages sur la face du masque.

Le masque Salampasu était fabriqué dans le cadre de l’initiation. Trois types de masques étaient présentés aux inititiés : ceux figurant le monde des chasseurs, puis le monde des guerriers et ceux symbolisant le pouvoir du chef. Les masques étaient sculptés pour inspirer la peur, à tel point que des femmes ou des enfants pouvaient fuir rien qu’à entendre le nom du masque prononcé.
Le masque pourvu de son costume se nomme akish lorsqu’il est confectionné. Dès que porté, il s’appelle mukish. Le costume se composait de peaux de bêtes, de plumes et de fibres savamment ordonnées pour assurer une allure effrayante.

Les Masques des Salampasu ont été partie intégrante de la société des guerriers, dont la tâche principale était de protéger leur petit territoire contre les invasions des royaumes extérieurs. Les garçons ont été initiés à la société des guerriers durant un séjour dans un camp d’initiation et puis récompensés en portant des masques de plus en plus importants dans la hiérarchie du groupea. Gagner le droit de porter un masque obligeait à accomplir des actes spécifiques, d’importants paiements en bétail, boissons et autres biens matériels. Lorsqu’un jeune homme était autorisé à posséder un masque, les anciens de la confrérie enseignaient alors à ce nouveau membre les connaissances ésotériques particulières du groupe. Le Salampasu utilisaient des masques de bois, de raphia bonneterie et bois recouvert de feuilles de cuivre. Ces masques sont caractérisées par un front bombé, yeux incliné, un nez triangulaire et une bouche rectangulaire affichant un ensemble de dents avec un caractère terrifiant. Les hauts des têtes sont souvent recouverts de bambou, ou de raphia ou encore de rotin pour les décorer. Il sont présentés dans un ordre progressif aux futurs initiés, symbolisant les trois niveaux de la société : chasseurs, guerriers et le chef. Certains masques provoquent une telle terreur que les femmes et les enfants fuient le village lorsqu’ils entendent le nom du masque prononcé de peur de mourir sur place. Les masques de bois couverts ou non de feuilles de cuivre étaient portés par les membres de l’association de guerrier ibuku, ceux qui ont tué lors d’une bataille. Les masques en fibres tressées raphia étaient utilisés par l’association idangani . Dans cette région de la savane sud riche en cuivre, le port de ce métal est une prérogative utilisée par les détenteurs du pouvoir, légitimant ces personnes à contrôler la majorité de la population. Celui qui possédait de nombreux masques prouvait non seulement ses richesses, mais aussi un grand nombre de connaissances. Les mascarades des Salampasu avaient lieu dans des enceintes en bois décorées avec des figures anthropomorphes sculptées en relief (voir un exemple en cliquant ici). Le costume, composé de peaux d’animaux, de plumes et de fibres, était aussi important que le masque lui-même. Les masques "dansaient" aussi dans le cadre des cérémonies de circoncision masculine.


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