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A

Masque casque Bangwa

C-691

jeudi 20 juillet 2006, par Emile Proust

Masque-cimier Trob des Bangwa proches des Bamiléké au Cameroun :

Ce masque porte les traits physionomiques de l’humain, profondément empâtés de matière sacrificielle formant une croûte noirâtre craquelée en maints endroits. En parcourant son relief, sans cesse, une forme en suscite une autre, et ramène l’objet aux racines de la figuration. Le surgissement des volumes correspondant aux yeux et aux pommettes déjoue les données naturalistes, et le trouble s’installe jusqu’à la ligne définissant le contour du visage, lignes cassées par des protubérances douces en contraste avec des lèvres proéminentes portant une double rangée de dents taillées qui se dessinent parfaitement dans la béance de la bouche.

Ce type de masque constitue la propriété de quelques membres de la toute puissante société Trob, chargée de désigner officiellement chez les Bangwa, les héritiers du trône. A la mort du roi, ils effectuent les lamentations rituelles, le corps caché sous d’amples vêtements, et le visage sous une sorte de cagoule. Ils ont pour mission de procéder au rapt rituel du futur souverain, puis de le séquestrer durant neuf semaines, temps durant lequel ils lui enseignent les secrets de la communauté.

Ces insignes de pouvoir se transmettent d’un dignitaire à l’autre. Ils sont si puissants et si dangereux que "leur seule vue est réputée capable de libérer une énergie maléfique, violente, pour les non-initiés". Ces masques, transmis de génération en génération - on en compte un par chefferie -, étaient conservés dans des enclos sacrés où ils s’imprégnaient d’épaisses couches de suie et de matières sacrificielles.


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