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Masque du N’tomo

F-785

vendredi 11 mai 2012, par Emile Proust

Masque Bambara ( Bamana ) du N’tomo, Mali :
( Bamana ( Bambara ), N’tomo mask, Mali )

Ce masque sculpté dans un bois mi-dense, d’une ancienneté respectable, provenant de la région de Koutiala (environ 300 km à l’est de Bamako) au Mali, était utilisé dans le cadre des rites d’initiation de la société n’tomo. La forme du visage est ovale, le nez forme une longue arête saillante, la bouche étroite. La face est surmontée d’une coiffe en forme de peigne, ces fameuses antennes au nombre de six qui permettent de capter les pouvoirs et la connaissance du monde. Ce sont aussi les figures pour les six groupes ou clans ou sociétés appelés Djo ou Dyo, responsables de l’instruction, de l’initiation, des membres masculins du village tout au long de la vie de chacun.

Les initiés ayant atteint un niveau élevé dans une des étapes du Djo deviennent instructeurs pour les plus jeunes. La première étape est bien celle de la société du N’tomo qui s’adresse aux enfants avant le moment de la circoncision, où ils apprennent l’origine de l’homme et sa place dans le monde. Cette étape est elle-même divisée en sections figurées par des animaux. Ici, par exemple, le niveau du crapaud incarne le sujet de la vie et de la mort : le crapaud soudanais ayant la réputation de ne pas se décomposer après la mort évoquant ainsi l’idée d’éternité. Puis, le niveau de l’oiseau, qui est un enseignement sur tout ce qui est subjectif, en rapport avec la pensée humaine. Et ensuite, le niveau de la poule, qui induit des relations entre les hommes et le cosmos, cet animal ayant des affinités avec la terre et le soleil. Il y a aussi le chien, qui illustre le concept de la domestication, faisant appel à l’aspect social de l’homme. Il ne faut cependant pas prendre ces phrases au pied de la lettre. En allant vers un village voisin, et même dans une famille voisine, on pourra avoir une toute autre, néanmoins similaire, description des étapes de cette société du N’tomo.
Pour résumer :
Le N’tomokun est la pièce maîtresse de la confrérie des bilakoro, les jeunes garçons non encore circoncis. Le N’tomo est le premier des dyo en milieu bamanan (Bambara).
Autre interprétations :
Le N’tomokun est surmonté de cornes, dont le nombre varie entre deux et huit. En fonction du nombre de ces cornes les bamanan distinguent des n’tomo mâles, femelles ou androgynes.

L’objet figuré présente des manques, une oreille et trois de ses antennes. Autour de la bouche et sur le menton sont incisés de délicats motifs géométriques linéaires, droits ou arrondis, de même sur le front où les lignes s’entrecroisent. La collerette de portage est percée de nombreux trous permettant d’installer une parure.


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