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Poupée Mossi

D-927

mardi 3 avril 2007, par Emile Proust

Biiga ou poupée Mossi, Burkina Faso :
( Biiga or Mossi doll, Burkina Faso )

Chez les Mossi, peuple le plus important en nombre au Burkina Faso, les forgerons sculptaient des statues appelées Biiga ou poupées de fertilité, parfois gainées de cuir et ornées de cauris et de perles. Comme jouet éducatif, la Biiga était habillée, lavée, portée sur le dos ou placée sur le sol sous les yeux de la mère. Mais lorsqu’il lui arrivait d’être endommagée, il fallait consulter le devin. Tantôt elle n’était que le symbole de la réalité, tantôt elle se substituait à l’enfant à venir pour le précéder dans le temps. Les petites filles déposent parfois des poupées de glaise sur l’autel des ancêtres, exprimant ainsi le désir de progéniture et remerciant par avance les défunts qui les exauceront. La Biiga a un symbolisme complexe, à première vue contradictoire : pour la petite fille, elle est à la fois la puissance qui lui fera obtenir un enfant et le bébé qu’elle apprend à soigner. La Biiga passe de mère en fille ou de sœur à sœur.

Le style des Biiga varie selon les régions et l’objet ne provient pas nécessairement du village où il a été ramassé puisque la jeune mariée l’emporte avec elle. Toutes ont une base cylindrique légèrement plus large que le corps. Les bras et les jambes sont absents mais les seins pendants, symbole de maternité, sont accentués. La forme de la tête est stylisée, des lignes représentent la masse de la chevelure, des scarifications caractérisent le visage et sont très proches de celles que l’on trouve dans la réalité. A la base, on trouve un petit trou pour l’anus et parfois une indication du sexe.

Cette poupée porte un gainage de cuir sur le corps et le cou. Ce gainage est réalisé d’entrelacs de cuir finement découpés et minutieusement croisés pour figurer des motifs aux signes du clan. Le buste reste dégagé laissant paraître une poitrine vigoureuse portant des traits de scarifications. Depuis la crête de la coiffure, une tresse tombe sur le visage, semblable à une trompe d’éléphant. La tresse, munie d’une perle à son extrèmité, était portée par les jeunes filles jusqu’à ce qu’elles portent un enfant.


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