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Statue Bambara

E-410

lundi 17 août 2009, par Emile Proust

Statue Do ou Jo Nyéléni, Bambara, Mali :
( Jo or Do Nyeleni figure, Bamana, Mali )

Statue Bambara sculptée dans un bois dur et lourd des Bambara au Mali. Conservé dans une case à l’abri des regards, cet objet était sorti lors des cérémonies d’initiation des jeunes filles et occasionnellement quand une femme souhaitait de l’aide pour favoriser sa fertilité.

Figurant un canon de beauté féminine chez les Bambara, la sculpture est posée sur des jambes en tension, le fessier large, le tronc droit, les seins en forme de pains de sucre. Le cou étroit et long porte la tête ronde de profil et ovale de face, surmontée d’une crête sagittale, les oreilles sont rondes et en forme de cratère. Des bracelets ornent les bras et des scarifications sont gravées sur l’abdomen, depuis l’ombilic jusqu’à la poitrine. Sur la face du visage, les yeux sont figurés par les espaces au-dessous du surplomb du front et de part et d’autre de la saillie du nez.

Les statues de ce type sont désignées en Bambara (Bamana) par le terme "do (djo, jo) nyéléni" qui signifie " la petite préférée", sous-entendu de Faro et Bemba, qui sont les jumeaux et ancêtres de l’humanité. Certaines statuettes " do nyéléni " sont de véritables chefs-d’œuvre rayonnants de lumière et de mystère.

La plupart des sociétés d’initiation du Mali célèbrent tous les sept ans des cérémonies dites " renouveau, régénération des "dyow", des cultes. Ces cérémonies visent les mêmes buts : introduire, après leur mise à mort symbolique, les jeunes adolescents dans le cycle initiatique, confirmer leurs aînés dans la pratique effective de la religion de leurs ancêtres en leur enseignant l’histoire ainsi que les systèmes de pensée de leur peuple, c’est-à dire en faire des enfants du pays, des " hommes complets".

Lors de ces cérémonies, la statue " Petite Nyélé ", première fille à avoir été initiée d’après la tradition, est extraite, dès l’aube, du sanctuaire où elle est conservée par les initiés et ensuite transportée, avec d’autres types de statuettes, dans un bosquet sacré. Après les libations et sacrifices d’usage sur un tertre-autel, les statues sont lavées, purifiées et ointes ou crépies à l’aide d’une terre additionnée de beurre de karité ou d’huile de sésame. En Bambara, un seul terme, " mu", est employé pour dire " oindre " et " crépir ".


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