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Statue Luba

C-620

dimanche 26 mars 2006, par Emile Proust

Les représentations féminines sont majoritaires dans l’art Luba du Congo Kinshasa. S’il est vrai que l’image de la femme est ici comme ailleurs un symbole de fécondité, cela n’est pas suffisant pour expliquer cette omniprésence féminine dans l’art de cour. La réponse est en partie ailleurs, dans le système de croyances. Pour entrer en contact avec le monde surnaturel des esprits, les principaux devins se font posséder par un esprit qui parle à travers leur bouche. Or, les Luba pensent que les femmes possèdent des qualités intrinsèques qui font d’elles les interlocutrices privilégiées des êtres humains avec le monde surnaturel. Au début de ce siècle, elles étaient bien plus nombreuses que les hommes à devenir les médiums des grands esprits vidye. Jadis, à la mort d’un souverain, son esprit s’emparait d’une femme qui en devenait alors le médium attitré, la mwadi. Elle s’installait dans l’ex-capitale (le successeur en construisait toujours une nouvelle) et y incarnait virtuellement le roi défunt, perpétuant ainsi son règne. D’autre part, le roi donnait fréquemment en mariage des femmes de son lignage à des chefs voisins, instituant ainsi un réseau d’alliances dont ces épouses de sang royal étaient la clé de voûte. En privilégiant l’image féminine, le sculpteur luba met en scène à la fois l’univers socio-politique des hommes et le monde surnaturel des esprits.


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