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Statue Luba

D-981

jeudi 14 juin 2007, par Emile Proust

Statue de porteuse de coupe Luba, dans le style du maître de Buli, République Démocratique du Congo :
( Luba figure with the offering bowl, Buli master style, Democratic Republic of Congo )

En pays Luba, dans la région du Katanga, les statues représentent des esprits, des ancêtres ou le couple primordial. La plupart des sculptures représentent des personnes féminines comme pour rappeler que la société Luba est matrilinéaire dans de nombreux domaines. Ainsi, les porteuses de coupes Luba ne sont pas de simples réceptacles décoratifs, mais des calebasses sacrées contenant divers éléments rituels par référence aux esprits protecteurs, les vidye.

Parmi les différentes formes découvertes, on identifie aisément la statuaire Luba. Dans cette région, on a découvert d’autres formes, proches du style Luba, mais avec d’autres caractéristiques, et que l’on qualifie d’objets sculptés "dans le style du Maître de Buli" :
"Dès 1929, Frans M. Olbrechts étudia avec une prédilection particulière "un sous-style Ba-Luba" auquel il donna dans son ouvrage, Plastiek van Kongo, publié en 1946, le nom de "style à face allongée de Buli". "De Buli" car les deux seules pièces de ce style, sur les dix qu’il dénombra dans les musées et les collections privées et dont on connaissait la provenance, avaient été récoltées à Buli en pays luba. c’était le cas de la célèbre porteuse de coupe agenouillée du M.R.A.C. de Tervuren - à l’époque Musée du Congo belge - qui fut à l’origine de ses recherches. Olbrechts découvrit dans les moindres détails les caractéristiques de ce style et concluait : "Nous n’avons pas affaire ici à un sous-style régional, mais bien à l’oeuvre d’un même artiste ou tout au moins à celle d’une même école ou d’un même atelier." Olbrechts, 1946, p. 71)
Quelques années plus tard vinrent s’ajouter à l’ensemble deux petites statuettes, homme et femme, cédées au musée de Tervuren par la veuve de l’explorateur français Edouard Foa. A cette occasion Olbrechts écrivait, rappelant la très grande ressemblance des pièces connues, "jusque dans les détails les plus minutieux" : " J’en suis arrivé sinon à la certitude, du moins à la très grande vraisemblance que toutes ces pièces ont été sculptées par le même individu, et puisque nous avons la preuve que deux de ces pièces proviennent de Buli, ce n’est pas une hypothèse très hasardeuse de considérer toutes ces pièces comme étant dues au même sculpteur et donc provenant de la même loclité, c’est-à-dire Buli." (Olbrechts, 1951, p. 131) On remarque donc que, tout en restant prudent, Olbrechts laissait deviner sa conviction que les sculptures n’étaient dues quà un seul artiste qu’il fut convenu d’appeler alors le "Maître de Buli".
En 1948, William Fagg, dans un article consacré à "Un maître sculpteur de l’Est Congo", disait clairement aussi sa conviction de l’existence d’un artiste unique, considérant que c’était par une louable réserve scientifique qu’Olbrechts avait laissé la question ouverte, " mais que quiconque remarquait l’extrême et invariable sensibilité des douze magnifiques visages (deux des sièges étant supportés par une paire de personnages) doutait que ne serait-ce que deux artistes aussi suprêmes avec une technique et un sujet identiques puissent être trouvés dans un même village alors même que la tradition artistique est (ou était) tellement plus puissante dans la vie africaine qu’en Europe." (Fagg, 1948, p.38).
Dix ans plus tard il écrivait : " Tous les spécimens de ce style sont probablement dus à un seul artiste, deux ans maximum ", laissant percevoir un certain doute (Fagg, 1958, p. 225)
En 1965 il écrivait enfin, en regard d’une illustration du siège à deux personnages du Museum für Völkerkunde de Berlin : " Il y a eu certainement deux, probablement trois maîtres à Buli et notre spécimen est sans doute dû au plus grand (et probablement au plus ancien) d’entre eux " (Fagg, 1965, p. 103). Son opinion avait donc totalement changé.
En 1980, Suzan M ; Vogel, a l’occasion de l’acquisition par le Metropolitan Museum de New-York d’une oeuvre du style, se disait convaincue qu’il n’y avait qu’un unique "Maître de Buli" (S.M. Vogel, 1980, p.141)
Force est de constater que les opinions divergent et peuvent même évoluer !(...)" In Tribal Arts n°10 - Eté 1996 - C-H Pirat

Provenance : collectée in situ vers 1970, collection particulière.


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