Galerie du Galion

Accueil > Art primitif africain > Statuts > Statue Mami Wata

Statue Mami Wata

E-302

mardi 13 mai 2008, par Emile Proust

Statue Mami Wata, Togo :
( Mami Wata figure )

Sculptée dans un bois dense, Mami Wata, figure féminine, est représentée sous la forme d’une sirène s’élevant au-dessus d’un socle circulaire. La statue ayant été l’objet de nombreuses libations porte encore sur sa surface des traces opaques de blanc de talc, de celui dont s’enduisent le visage les Vodoussi, prêtresses du culte Vaudou, lorsqu’elles vont à la prière.
La figure porte le peigne et le miroir, et un serpent python évolue autour de sa taille. Ces éléments sont quasiment indissociables de la représentation de l’idéal féminin de Mami Wata, une image qui s’est instituée lorsqu’à la fin du XIXe siècle, les Indiens faisant concurrence aux comptoirs coloniaux occidentaux diffusaient un calendrier portant une représentation de Shiva. Les Africains adeptes du culte de Mami Wata adoptèrent cette figure en la modifiant pour l’adapter à leur imaginaire.
Sur la statue, on trouve les couleurs majeures habituellement jointes à l’idée de Mami Wata, rouge sur la peau et blanc des poudres de talc. La queue et les cheveux sont noirs, et les serpents, nés de la terre, sont verts.
On peut dire aujourd’hui de Mami Wata qu’elle est une sirène ensorceleuse symbolisant l’attrait et les pièges de la modernité.

Mais Mami Wata, c’est d’abord l’esprit de l’eau, même si souvent seulement décrite comme une sirène, depuis les côtes de l’Afrique de l’ouest jusqu’au centre. Mami Wata a des long cheveux noirs, une peau pâle et des yeux fascinants. Elle peut apparaître dans les rêves et visions de ceux qui lui sont dévoués, comme une magnifique sirène, on dit aussi qu’elle marche dans les rues des villes de l’Afrique moderne, déguisée en femme magnifique et insaisissable. Elle est intéressée par les choses contemporaines. Trois de ses offrandes favorites sont du parfum doux et importé, des lunettes de soleil ou des verres de coca-cola. Néanmoins, il apparaît qu’elle est reliée aux autres esprits de l’eau (connus en langue Igbo - langage du sud du Nigeria - comme Ndi Mmili), qui ont des histoires sur le continent. Ceux qu’elle atteint par ses visions et tentations, et qui en font l’expérience comme une obsession ou une maladie, peuvent porter le rouge de la maladie et avoir une fièvre dangereuse. Ceux qui ont une orientation positive de ses esprits peuvent montrer leurs bénédictions en portant du blanc. La plupart des dévots portent une combinaison de vêtements rouges et blancs. Il est dit aussi qu’elle a de nombreux avatars sur les femmes mortelles qui lui ressemblent et agissent comme ses filles. Elle peut donner la richesse à ses dévots ou à ses époux hommes, mais ne donne jamais fertilité. Quelques histoires Igbo disent que les poissons sous les eaux sont ses enfants et qu’elle les utilise comme du bois pour le feu. Mami Wata est parfois vue comme une métaphore des conditions moderne en Afrique - ayant la connaissance de la richesse globale et connaissant le désir pour la grande consommation, mais manquant de richesse où d’accès à cette richesse qui pourrait permettre à l’Afrique de participer à ce système.

Quelques liens pour en apprendre plus sur Mami Wata :

- Esprits des eaux au Katanga
- Mami Wata

Le site d’un ami sculpteur et peintre très influencé dans son art par les idées véhiculées par le culte de Mami Wata :

- Do Mesrine
Et un autre site où on trouve de nouvelles infos sur Do Mesrine, en cliquant sur Galerie Philippe Lawson.


Vendu

Portfolio