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A

Tambour Lobala

H-017

mercredi 3 juin 2009, par Emile Proust

Grand tambour Lobala/Yangere, R. D. du Congo :
( Large Lobala/Yangere drum, D. R. Congo )

Appelé Ngoto, ce grand tambour zoomorphe à fente est sculpté dans une seule pièce de bois. Il provient de chez les Lobala, installés en R. D. du Congo, parmi les peuples du sud de l’Oubangui. Dans une découpe transversale de tronc d’arbre, il est prolongé par une tête animale portée par un long cou. A l’arrière figure une longue queue effilée. Le bois est dur, la patine de surface est noire-grisâtre d’usage, l’intérieur est érodé par le passage de xylophages et de rongeurs. Accident sur la patte avant droite et sur la zone de frappe.

A propos des tambours à fente :

Le tambour à fente est un tambour idiophone confectionné d’un morceau de bois évidé et muni d’une fine fente qui fait office d’ouverture de résonance. Le tambour à fente est frappé à l’aide d’un bâton en bois des deux côtés de la fente, ce qui permet de produire deux tonalités différentes. La possibilité qu’offre ce tambour de combiner le rythme avec les tonalités en fait un instrument de communication apprécié par les peuples qui pratiquent le language phonique, comme les Bantous.

Les tambours à fente que l’on appelle zoomorphes impressionnent surtout par leur forme : on en trouve de grandes et de petites dimensions. Comme leur nom le laisse supposer, ces tambours sont réalisés à partir d’un très gros bloc de bois taillé en forme d’animal stylisé (buffle, antilope). Ils se distinguent principalement par le corps volumineux qui fait office de caisse de résonance et à l’extrémité duquel on sculpte le cou et la tête (d’un côté) et la queue (de l’autre côté) La tête et la queue ne sont pas toujours clairement identifiables : sur certains modèles, l’artisan se contente de sculpter de chaque côté une forme identique. Pour rendre l’aspect encore plus impressionnant, le “corps” est en outre posé sur quatre pattes...

Il est tout aussi étonnant de remarquer que les grands tambours zoomorphes appelés monganze et mokoto proviennent exclusivement de la région de l’Oubangui (Loi, Ngbaka, Ngombe, Lobala), tandis que les petits modèles, appelés gugu, proviennent surtout de l’Uélé (Mamvu, Zande, Mangbetu, Barambo). La fonction première de ces instruments est la communication, mais ceci ne veut nullement dire que le tambour à fente ne puisse être utilisé pour donner le rythme dans des ensembles musicaux plus complets. Alors que dans les régions précitées, une sorte de loi tacite veut que la possession de ce genre d’instrument soit un privilège réservé au chef et à quelques notables pour lesquels il fait office de symbole de leur puissance et de leur prestige, on constate au contraire que chez les Barambo, n’importe qui peut se permettre de posséder un tel instrument.

Portée des sons produits par le tambour à fente

Un instrument dont la fonction spécifique est de diffuser des messages doit répondre à toute une série de normes. Le tambour à fente en est un bon exemple : la portée des sons qu’il produit dépend de divers facteurs : le volume de l’instrument, les facteurs atmosphériques et topographiques, la force avec laquelle on frappe sur l’instrument. Etant donné que l’eau est un excellent conducteur acoustique, le tambour à fente est souvent placé le long d’une rivière.

Lorsqu’il s’agit de tambours à fente de grandes dimensions (ex. les grands tambours zoomorphes ou cylindriques), on a affaire à des instruments utilisés pour envoyer des messages vers les villages avoisinants, ce qui veut dire que les sons doivent porter sur une distance importante (10 à 15 km). Il ne faut pas oublier que ces instruments sont la possession pour ainsi dire exclusive des chefs locaux : ils sont donc utilisés également pour envoyer des messages sur l’ensembe du territoire contrôlé par ceux-ci : les tambours qui se trouvent dans des villages plus éloignés servent alors de relais. En d’autres termes, le premier tambour envoie le message, le tambour suivant capte le message et le transmet à son tour et ainsi de suite jusqu’à ce que l’ensemble du territoire soit couvert.

Source textes : Musée royal de l’Afrique centrale (Tervuren)


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